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Le boom des voitures électriques ralentit parce que l’on est passé des « early adopters » enthousiastes à un public beaucoup plus sensible au prix, aux contraintes pratiques et à l’instabilité des politiques publiques, alors que ces freins n’ont pas été levés au même rythme que la technologie des batteries. Les ventes continuent globalement de croître, mais plus lentement, et certains grands marchés (comme les États‑Unis) enregistrent même une baisse ponctuelle des immatriculations.evdances+6
Ralentissement du boom, pas effondrement
Les immatriculations mondiales d’EV ont encore augmenté d’environ 20 % en 2025, mais les analystes anticipent une croissance nettement plus faible en 2026, la plus faible hausse mensuelle ayant déjà été observée fin 2025. Aux États‑Unis, 2025 devrait même marquer la première baisse annuelle des ventes d’EV depuis 2019, avec un recul estimé d’environ 2 % sur l’année. La fin brutale de certains crédits d’impôt a provoqué un record de ventes au 3ᵉ trimestre, suivi d’un effondrement de 36–46 % des ventes au 4ᵉ trimestre, signe d’une demande très dépendante des aides.reuters+2
Saturation des premiers adopteurs
Plusieurs enquêtes internationales montrent que l’intention d’acheter un VE plafonne après avoir fortement grimpé entre 2020 et 2023 : la part de personnes prêtes à passer à l’EV stagne autour de 55–58 % au lieu d’augmenter fortement chaque année. Des études de Deloitte, EY ou S&P indiquent que l’intérêt se tasse, ce qui est typique d’un marché qui a déjà conquis ses clients les plus motivés et doit désormais séduire un « grand public » beaucoup plus exigeant. Une enquête citée par AAA montre même qu’environ 40 % des propriétaires américains de VE envisagent de revenir à un thermique pour leur prochain véhicule, principalement pour des raisons pratiques et de coûts.ey+3
Freins économiques et prix
Les sondages convergent : le frein numéro un pour l’étape suivante de l’adoption, c’est le prix d’achat, jugé trop élevé par près de la moitié des répondants dans une étude mondiale S&P Global Mobility. Malgré la baisse du coût des batteries, beaucoup de consommateurs perçoivent encore une « prime EV » qui, combinée à des taux d’intérêt élevés, rend le financement difficile, surtout pour les ménages modestes. S’ajoute à cela la chute récente des valeurs de revente de certains modèles électriques, en particulier au Royaume‑Uni, qui inquiète les acheteurs sur le risque de décote accélérée.goldmansachs+2
Infrastructures de recharge insuffisantes
La disponibilité et la commodité de la recharge sont désormais le principal frein cité dans plusieurs grandes enquêtes : dans l’indice mobilité d’EY, 27 % des acheteurs potentiels mettent en avant le manque d’infrastructures de recharge comme première préoccupation. Le Forum économique mondial souligne que l’absence de bornes accessibles en ville, notamment pour les gens sans place de parking privée, reste une barrière majeure à l’adoption. Beaucoup de conducteurs, y compris des propriétaires actuels de VE, jugent aussi la recharge publique trop compliquée ou trop lente, ce qui pèse sur la perception de praticité au quotidien.sustainabilityonline+5
Limites d’usage ressenties au quotidien
Les préoccupations classiques restent bien présentes : autonomie jugée insuffisante, temps de recharge trop longs et performance dégradée par le froid sont systématiquement dans le « top 5 » des raisons de ne pas acheter un VE. L’étude EY mentionne que 25 % des répondants craignent de ne pas avoir assez d’autonomie, 18 % trouvent la recharge trop longue, et 26 % s’inquiètent désormais du coût éventuel de remplacement de la batterie. Nombre d’usagers redoutent aussi la complexité des longs trajets (planification des arrêts, files d’attente sur les bornes rapides), ce qui rend le VE moins attractif pour ceux qui veulent un véhicule « passe‑partout » sans compromis.aaa+3
Incertitudes politiques et virage vers l’hybride
Les changements de cap politiques jouent un rôle clé : la suppression ou la réduction de crédits d’impôt, ainsi que l’assouplissement de certains objectifs d’électrification aux États‑Unis et en Europe, ont refroidi le marché et rendu les perspectives plus floues. En parallèle, plusieurs gouvernements restreignent l’accès des constructeurs étrangers (notamment chinois) à leurs marchés, ce qui complique l’écoulement d’une offre très abondante d’EV et crée un contexte d’oversupply. Les hybrides simples et rechargeables, jugés moins contraignants, gagnent du terrain et détournent une partie de la demande, comme le montrent les hausses d’intention d’achat de ces modèles dans les enquêtes récentes.eleport+5
Pourquoi la techno ne suffit pas
Même si l’autonomie, les performances et les coûts des batteries s’améliorent, les freins actuels sont surtout socio‑économiques et infrastructurels : prix, confiance, facilité d’usage et stabilité des règles du jeu. Le passage à l’adoption de masse nécessite donc des EV plus abordables, un maillage de recharge beaucoup plus dense et fiable, et des politiques publiques prévisibles sur le long terme, plutôt que des « à‑coups » de subventions et de changements réglementaires.spglobal+6